Témoignage

Je suis entrée pour la première fois à l'orphelinat en 2001, j'ai encore l'image, le souvenir bouleversant des enfants et des conditions dans lesquels ils étaient. Les aspects matériel et structurel (locaux..) étaient bien sûr les premières choses qui m'avaient frappée mais le souvenir le plus marquant que j'en garde, était l'état psychologique des enfants. Je suis restée longuement dans la salle des petits bébés.

J'ai le souvenir de passer ma tête au dessus des lits qui abritaient 2 voir 3 enfants, le souvenir de ces enfants qui pleuraient (c'était l'heure du déjeuner) et qui à la vision de ma présence éclataient de rire… Ils se remettaient à pleurer dès qu'ils ne me voyaient plus, je ne les avaient même pas encore portés, parlés, rien qu'à me voir ils passaient des pleurs aux gros éclats de rire. Un regard, une présence pour ces enfants avaient l'air tellement vital. Leurs rires inappropriés m'ont marquée, leurs rires exprimaient tellement de choses. J'avais aussi passé du temps chez les plus grands bébés qui avaient été mis seuls dans une pièce car ils avaient un virus contagieux, ils étaient mis en quarantaine des bébés entre 18 et 24 mois seuls dans une pièce qui s'agrippaient à moi et voulaient être portés, leurs rires quasi semblables aux plus petits.

Je n'arrivais pas à sortir de cette pièce, j'ai eu du mal à quitter l'orphelinat, je l'ai pourtant fuit de douleur. Depuis, les années ont passé, le projet a merveilleusement avancé, je suis retournée à l'orphelinat et, que dire, comme pour la première fois les mots me manquent et ne peuvent décrire justement mes émotions mais cette fois-ci différemment. Le cadre passé n'est plus, c'est un endroit où il y a de la vie, des repères, un accueil. J’ai joué avec les petits, les grands, les enfants sont venus vers moi, m’ont parlé, les enfants fêtaient l'anniversaire de leur camarade. Que dis-je, de leur frère! J'ai été dans la salle des bébés, quel apaisement, quelle tranquillité dans cette salle. Certains bébés s'amusaient sur un tapis de jeu. ils m'ont souri lorsque je leur ai adressé quelques mots, ce n'est plus ces éclats de rire du début, ces rires qui m'ont transpercés le cœur mais aujourd'hui ce sont des sourires d'enfants.

Chaque enfant a son lit, chaque enfant a sa place, l'aspect matériel n'est plus comparable. Je suis émerveillée des résultats, c'est indescriptible.

N.S

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